IA pratique
Choisir un prestataire IA sans se faire avoir : les 3 questions qui me gênent moi aussi
Un artisan me montre un devis reçu ailleurs : un site, livré en 24 heures, pour 200 €, « grâce à l'IA ». Il me demande si c'est une bonne affaire. Ma réponse le refroidit : soit c'est une arnaque, soit celui qui l'a écrit n'a aucune idée du travail réel derrière un site, même fait avec de l'IA. Dans les deux cas, on ne signe pas.
Le problème, avec les prestataires IA en 2026, c'est que n'importe qui peut avoir l'air compétent pendant trois minutes. Le jargon est facile à réciter, les démos sont jolies. Pour trier, inutile de poser trente-six questions. Il y en a trois. Et elles me gênent moi-même quand un client me les pose, ce qui est plutôt bon signe : un prestataire honnête doit pouvoir y répondre sans se défiler.
« Qu'est-ce qui se passe le jour où ça tombe en panne ? »
C'est la question qui trie tout. Un système qui tourne finit toujours par casser un jour : un outil qui se met à jour, une page qui change, une brique qui lâche. Le prestataire sérieux vous parle de ce moment-là sans que vous ayez à insister : sauvegardes, alertes, qui intervient, en combien de temps. L'autre ne vous parle que du rêve, du « ça tourne tout seul, vous n'avez plus rien à faire ». J'ai vu une simple intervention de maintenance effacer des heures de travail sur un système pourtant bien construit. On a tout récupéré en quelques minutes parce qu'il y avait des sauvegardes juste avant. Voilà la vérité que personne ne vous vend en promettant l'autonomie totale : ça casse, et ce qui compte, c'est ce qui est prévu pour ce jour-là. Première arnaque, donc : jurer qu'un système n'aura jamais besoin de personne.
« Est-ce que je pourrai reprendre ça sans vous ? »
Deuxième arnaque, plus discrète : la boîte noire. On vous livre quelque chose qui marche, mais que vous ne comprenez pas, que vous ne pouvez pas modifier, et que personne d'autre ne pourra reprendre. Le jour où vous voulez changer de prestataire, ou juste faire évoluer un détail, vous repartez de zéro. Vous n'avez pas acheté un outil, vous avez loué une dépendance. Alors demandez, noir sur blanc, avant de signer : qui possède ce qui est produit ? Est-ce que je peux le récupérer et le faire reprendre par quelqu'un d'autre ? Si la réponse reste floue, la réponse est non. Un bon prestataire n'a aucun intérêt à vous tenir prisonnier ; il gagne votre fidélité par son travail, pas par votre incapacité à partir.
L'arnaqueur vous parle du rêve. Le bon prestataire vous parle des pannes.
« 24 heures et 200 €, vraiment ? »
Troisième arnaque, la plus visible : le prix et le délai magiques. Un vrai site qui vend, qui charge vite, qui est pensé pour votre métier, ça se compte en jours de travail, pas en heures, et le prix suit. L'IA a fait baisser le coût de la production, elle n'a pas supprimé la réflexion : à qui vous parlez, ce que vous voulez qu'on ressente, ce qui doit déclencher un appel. Quand quelqu'un vous vend tout ça en 24 heures pour le prix d'un plein de courses, il vous livre un gabarit générique rempli à la va-vite. Vous le paierez bien plus cher en clients perdus que ce que vous aurez cru économiser.
Attention, l'inverse est vrai aussi, et je préfère le dire. Un prix élevé n'est pas une garantie de sérieux. J'ai vu facturer des « projets IA sur mesure » à plusieurs milliers d'euros là où un abonnement grand public à vingt-cinq euros par mois faisait exactement le même travail. Le bon prestataire n'est ni le moins cher ni le plus cher : c'est celui qui vous dit, parfois contre son intérêt immédiat, « pour ça, vous n'avez pas besoin de moi ». Un devis honnête contient toujours au moins une ligne où on vous fait économiser de l'argent.
Ces trois questions me gênent aussi, je le répète, et c'est voulu. Parce que la réponse honnête n'est jamais « tout est parfait, rien ne cassera ». Elle est « voilà ce qui peut casser, et voilà comment on le gère ». Un prestataire qui vous promet le zéro souci vous ment, ou se ment à lui-même. Moi compris, le jour où je serais tenté de vous vendre du rêve pour signer plus vite. Si vous voulez voir de quels garde-fous je parle concrètement, ils sont détaillés dans les trois étages de l'IA en entreprise. Et si vous voulez savoir comment je réponds, moi, à ces trois questions, c'est par là.